Elegy n°54 (juillet 2008)

Propos recueillis par Thomas Mafrouche

L’album commence avec « Afraid Of ». Le titre sonne très Cure et est sûrement le morceau du disque le plus proche de Borderline. Est-ce que le fait de le mettre en ouverture était un moyen de faire le lien avec le passé?

Paul :

En quelque sorte, c’est aussi un hommage à la vague « touching-pop » que nous admirons (Little Nemo, Neutral Project, Asylum Party, Babel 17, Norma Loy, Mary Goes Round…). L’album a été mixé au studio Val d’Orge par Jean Taxis, là où la plupart d’entre eux ont aussi réalisé leur meilleur album… Et puis c’est aussi un bon morceau, assez positif et énergique pour démarrer un album. On est au début du couloir.

Je trouve qu’il y a une lente mais inexorable progression en ce qui concerne l’atmosphère. Elle semble se noircir de plus en plus au fil de l’écoute, jusqu’à aboutir sur le très sombre « In[can]décence ». Etait-ce le sentiment que vous vouliez créer?

KristianD :

C’est en effet ce qui s’est dessiné au bout de nos 3 ou 4 premières compositions. Sans parler de concept album, c’est la direction qu’on a voulu alors lui faire prendre. Un début presque… léger, même si le texte est plus grave, pour s’enfoncer morceau après morceau dans la marre abyssale décrite dans « 12 DD », au milieu d’une forêt où se déroule des cérémonies sabbatiques et orgiaques, où serpente une rivière froide avec l’envie d’y plonger, après la joie paradoxalement morbide d’avoir survécu à un champ de bataille, l’envie de se réincarner après avoir vécu quelques jeux interdits, peut-être jusqu’à un jeu de roulette russe, où le projectile serait une amante autant explosive qu’éphémère ? Et « In[can]decence » a vraiment été le dernier titre écrit et composé.

Je trouve globalement Obsessions moins mélancolique mais plus malsain que Borderline. Etes vous d’accord avec ça?

Paul :

Oui, l’album est plus dur que « Borderline », plus tendu et beaucoup moins romantique.

KristianD :

Malsain est un mot que j’aime bien en effet pour qualifier Obsessions. Borderline a été écrit et composé avec d’autres musiciens, notamment Dominique Oudiou, ex Neutral Project. J’ai aussi fait un long passage dans ce groupe et nous avons vécu de près la fin tragique et brutale d’Yvon Million fin 2001. Ca doit se ressentir, forcément. Et puis musicalement, Borderline est un mélange de compositions pré existantes et jamais éditées de nos précédentes formations respectives, certes retravaillées. Obsessions est vraiment né d’un travail collaboratif, de la conception – fornication de nos esprits musicaux – à la délivrance sous les soins et l’appareillage spécifique de Jean Taxis, à qui la musique française doit d’autres mises au monde fameuses.

Le livret contient une notes de Louise Weiss. Que représente-t-elle pour vous? Etes vous attirés par le côté littéraire, son combat politique ou bien sa position féministe?

Paul :

Oui, pour ma part je lis beaucoup de biographies et celle de Louise Weiss avait retenu mon attention. Ce n’est pas le côté politique qui m’a attiré mais sa façon de décrire les événements les plus sombres, les pensées humaines et ses obsessions pour la justice et les causes perdues…

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